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CINÉ-CLUB DE L’AFCS : Compte-rendu de la première séance

AMELIE aime … le STEADICAM - AMELIE n’aime pas … qu’on le remarque

Mercredi 6 février 2022 s’est tenue la première séance du ciné-club de l’AFCS au cinéma GRAND ACTION avec la projection du film « Le fabuleux destin d’Amelie Poulain » de Jean-Pierre Jeunet, en présence de l’opérateur steadicam du film, Patrick de Ranter.

L’équipe du Grand Action, nous a réservé le meilleur accueil et Isabelle Gibbal-Hardy, la directrice, a rejoint Patrick De Ranter -Opérateur steadicam, l’un des membres fondateurs de l’AFCS- et Richard Mercier -Opérateur steadicam, membre de l’AFCS et grand organisateur de la séance-, pour présenter la séance avec enthousiasme.
Cette soirée est dédiée par Richard au nom de l’association à Garrett Brown dont c’est le 80ème anniversaire ce jour.

Jake Russell -Opérateur steadicam, membre de l’AFCS, affichiste pour l’occasion- avait apporté son steadicam et a fait une démonstration pendant la durée de la présentation.

Après la projection, Patrick et Richard ont mené une discussion.

Sur ce tournage, Patrick était convoqué certains jours et cadrait uniquement les plans au steadicam. Les autres plans étaient cadrés par le chef opérateur Bruno Delbonnel et un troisième opérateur était aux manivelles lorsque la grue était de sortie.

Il n’y a pas énormément de plans au steadicam dans ce film et la gageure étaient que ces plans ne dénotent pas par rapport aux plans de grue et de dollie.
Jeunet est un réalisateur extrêmement inventif, qui sait exactement ce qu’il veut et demande donc des plans précis.

Patrick évoque les travelling dans la gare où la caméra est au ras du sol. Il y a en particulier un plan en haut de l’escalier qui jouxte la gare où la caméra fait un travelling rapide au ras du sol combiné à la fin à un panoramique de 180°. Afin de filmer ces plans, le steadicam a été fixé sur une petite dollie à trois roues. La collaboration avec le chef machiniste est primordiale pour trouver les moyens de combler les désirs du réalisateur et ce plan en est un parfait exemple.
Le tournage était en pellicule : pour passer en low-mode, c’est plus compliqué que avec une caméra numérique puisque qu’on ne retourne pas la caméra.

Les étudiants de IIIS présents posent 2 questions :

- Puisque c’était en film, est-ce qu’il y avait beaucoup de répétitions ?
Oui les plans étaient répétés mais pas forcément avec le steadicam car c’est une machine lourde à porter pour escalader les escaliers de Montmartre. Par contre, Jeunet avait un viseur de champ avec les objectifs du film. Il menait lui même les répétitions avec ce viseur et les enregistrait à l’aide d’une reprise vidéo HI8. Il montrait alors le plan à l’équipe image qui devait le restituer fidèlement. Ce qui nous amène à la seconde question :

- Mais alors l’opérateur steadicam peut pas être créatif ?
Patrick répond que sur ce tournage, réussir à faire ce que veut le réalisateur, c’est déjà une gajeure ; il n’y a aucune frustration avec un réalisateur aussi créatif à juste réussir les plans et c’est même un grand plaisir, amplifié par le fait que le film ait eu un grand succès.

Richard intervient aussi pour expliquer que l’opérateur steadicam a souvent son mot à dire et apporte sa contribution particulièrement en terme de rythme lors de l’élaboration d’un plan séquence.

Lorsque la discussion se termine, il reste quelques minutes pour venir voir le steadicam de Jake de près

Il y a eu 70 spectateurs.

Tout le monde sort ravi de cette première expérience et avec l’envie de continuer.

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